Séminaire Traduire The Invention of Love de Tom Stoppard

Image extraite pièce de théâtre Court Theatre
Le 21 mars 2019
Salle 126 site Saint-Charles

Jeudi 21 mars 2019, 17h, salle 126, site Saint-Charles
 

The Invention of Love, pièce de Tom Stoppard mise en scène pour la première fois et publiée en 1997, brosse le portrait du philologue et poète A.E. Housman, auteur du recueil A Shropshire Lad (1896), à différentes époques de sa vie, tandis qu’il s’enthousiasme pour l’édition et la traduction de la poésie d’Horace, de Properce, de Virgile et de Théocrite, entre autres, et qu’il dresse le bilan d’une vie consacrée à la traduction la plus fidèle possible de ces classiques de la littérature latine et grecque.

L’œuvre fait écho aux questionnements de Stoppard sur le rapport entre le passé et le présent et la réécriture des classiques, développés dès Rosencrantz et Guildenstern are Dead (1966). Le texte de la pièce offre une réflexion riche et complexe sur les difficultés que rencontre le traducteur lorsqu’il passe d’un système linguistique à un autre, mais aussi d’un contexte historique et culturel à un autre, plus précisément de la Grèce et de la Rome antiques à l’Angleterre victorienne. Qui plus est, la pièce se rapproche parfois du whodunnit puisqu’il s’agit de choisir LA version originale parmi toutes les copies erronées qui se sont succédées au cours des siècles, ou de tenter de retrouver le texte perdu, dont seulement quelques bribes survivent parce qu’elles ont été reprises de manière plus ou moins fidèle par un autre auteur.

Lors de notre travail de traduction de cette pièce, nous nous sommes confrontés à un nouveau passage, une nouvelle version, une nouvelle adaptation, cette fois de l’anglais au français. Si Housman a parfois tâché de rendre les vers d’Horace en pentamètres iambiques, pouvons-nous faire de ces pentamètres des alexandrins rimés ? La traduction à quatre mains s’est apparentée à une série de choix d’adaptation, que nous avons souhaité tester à l’épreuve de l’oralité avec un metteur en scène.

Nous proposons de revenir sur cette expérience de traduction à plusieurs d’une pièce de théâtre qui elle-même a pour sujet la traduction de textes classiques et de rendre compte des stratégies employées pour adapter à notre tour les versions des classiques latins proposées par Stoppard.

 

Xavier Giudicelli est maître de conférences au département d’Anglais de l’université de Reims Champagne-Ardenne, où il enseigne la littérature et la traduction, et membre du Centre interdisciplinaire de recherches sur les langues et la pensée (CIRLEP, EA 4299). Ses recherches portent sur l’œuvre d’Oscar Wilde, sur littérature et arts fin-de-siècle et sur l’étude des rapports entre texte et image. Il est l’auteur de Portraits de Dorian Gray. Le texte, le livre, l’image (Paris, PUPS, 2016), a codirigé avec Pascal Aquien un ouvrage collectif sur L’Importance d’être constant (The Importance of Being Earnest d’Oscar Wilde, Paris, PUPS, 2014) et dirigé un numéro spécial d’Études anglaises sur Oscar Wilde et les arts (« The Pictures of Oscar Wilde », Études anglaises 2016/1 [vol. 69]). Il travaille également sur la réécriture du canon victorien et édouardien aux xxe et xxisiècles, sur Alan Hollinghurst et sur la traduction.

 

Marianne Drugeon est Maîtresse de Conférences à l’université Paul Valéry-Montpellier 3 et membre de l’équipe de recherche EMMA (Etudes Montpelliéraines du Monde Anglophone). Spécialiste de théâtre britannique des XIXe et XXe siècles et plus particulièrement de théâtre engagé contemporain, elle a aussi écrit sur Oscar Wilde, Samuel Beckett ou Tom Stoppard. Membre du comité de lecture de la Maison Antoine Vitez depuis 2016, elle a co-traduit notamment la dernière pièce de Stoppard, A Hard Problem avec le Professeur Florence March, pièce parue en 2017 dans la collection Nouvelles Scènes aux Presses Universitaires du Midi sous le titre Au cœur du problème.