Vient de paraître

“Living the Dying Inside”: Writing Violence in Toni Morrison’s A Mercy

“Living the Dying Inside”: Writing Violence in Toni Morrison’s A Mercy

Claudine Raynaud

Définir l’écriture de la violence dans A Mercy (2008) de Toni Morrison signifie concevoir une poétique de l’abandon dans un texte où l’acte de lecture doit suppléer à la défaillance du langage. « Enterrée », la violence est le refoulement au cœur du trauma ; elle a partie liée avec la mémoire. Le texte mime la résurgence d’images traumatiques, leur répétition compulsive pour dire la scission du sujet, lieu de partage entre don et dette sur fond d’esclavage. La scène de violence avec Malaik, enfant trouvé, rejoue l’insupportable de la perte et de l’expulsion, véritable « sortie » du langage. Le rêve de Florens rêve en retour : le réveil au sein du rêve est la scène même du trauma (Caruth). Symboliquement, comme les poupées rituelles des Amérindiens, la fille sans visage se tient alors face aux paroles inaudibles de sa mère. La lecture devient le lieu de la rencontre ratée avec le Réel pour « dire » le trauma et met en acte le lien entre mère et fille.

Defining the writing of violence in Toni Morrison’s A Mercy (2008) means conceiving of a poetics of abandonment in a text where the act of reading must supplement the failings of language. “Buried,” violence is the repressed at the heart of trauma; it is part and parcel of memory. The text mimics the resurgence of traumatic images, their compulsive repetition to signify the splitting of the subject, between gift and debt against the background of enslavement. The scene of violence with the foundling Malaik replays the insufferable of loss and expulsion, a veritable erasure from language. Florens’s dream “dreams back”: the awakening at the heart of her dream is the very site of trauma (Caruth). Symbolically, like the Native American ritual corn-husk dolls, a faceless daughter faces an inaudible mother. Reading becomes the site of the missed encounter with the Real to “tell” the trauma and performs the mother-daughter link.

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The Hard Problem / Au cœur du problème

couverture ouvrage The Hard Problem

Introduction de Florence March, Marianne Drugeon et Janice Valls-Russell
Auteur : Tom STOPPARD
Traduction de Florence March et Marianne Drugeon, avec la collaboration de Béla Czuppon
N° ISBN : 978-2-8107-0488-0
PRIX : 13.00 €
Format et nombre de pages : 15 x 21 cm - 192 p.

The Hard Problem (2015) se situe à la croisée du théâtre et de la philosophie des sciences de la vie. La pièce pose la question de l’émergence de la conscience dans la matière vivante. Le Hard Problem annoncé dans le titre se trouve au centre des préoccupations du personnage principal, Hilary, recrutée par l’Institut des sciences du cerveau. La question de la conscience est intimement liée dans l’intrigue à celle de l’abandon, Hilary ayant laissé partir en adoption le nouveau-né dont elle venait d’accoucher. D’un point de vue euphonique, Hard Problem évoque heart problem (problème de cœur), et les deux niveaux sont intrinsèquement liés sur le plan dramatique.

Tom Stoppard (né en 1937) est un auteur britannique dont l’œuvre théâtrale et filmique a été fréquemment récompensée (Oscars, Tony Awards, BAFTA, Prix Italia). Dramaturge, traducteur (Lorca, Havel, Pirandello), réalisateur (Rosencrantz and Guildenstern Are Dead), scénariste (Brazil, L’Empire du Soleil, Shakespeare in Love, Anna Karenine), il a écrit plus de trente pièces de théâtre, ainsi que des pièces radiophoniques. Ses pièces ont souvent pour objet la spécificité du medium théâtral ainsi que la place de l’auteur (The Invention of Love).

Plus noire est la mûre

Plus noire est la mûre

TRADUCTION DE FLORENCE CANICAVE

« Le drame de sa vie, c’était d’être trop noire » : de son Idaho natal à la légendaire Harlem, en passant par Los Angeles, le périple d’Emma Lou est celui d’une sœur noire d’Emma Bovary. Forte d’une bouleversante liberté sexuelle, elle doit néanmoins apprendre que la seule façon de construire sa vie est d’opérer une plongé en elle-même, plutôt que de se résoudre aux injonctions que la société lui impose.

Dans la perspective d’une identité afro-américaine en pleine construction, Emma Lou incarne ainsi superbement la possibilité d’un destin individuel audacieux et captivant.

TRADUIT EN FRANÇAIS POUR LA PREMIÈRE FOIS, ce roman percutant de 1929 fut le premier à s’attaquer aux préjugés sur la couleur de peau, à l’intérieur même de la race. Il devint ainsi l’un des plus lus et des plus controversés de son temps.

Personnalité phare de la seconde génération de Harlem Renaissance, Wallace Thurman dévoile ici les sujets majeurs de son œuvre, qui font de lui un auteur éminemment moderne, désireux de repousser les limites, sociales et artistique, aussi bien que celles de l’identité.

Début du roman :

Plus que jamais, Emma Lou se prit à sentir que son luxuriant teint noir était une sorte de handicap, et une incontestable malédiction sa différence de couleur marquée d’avec les autres de son milieu. Non pas qu’elle se souciât d’être noire, il fallait bien avoir une couleur de peau pour être Nègre, mais ce qui la dérangeait c’était d’être trop noire. Elle ne comprenait pas pourquoi il devait en être ainsi, ne comprenait pas la cruauté de ceux qui, ayant contribué à sa naissance, avaient permis qu’on la plonge, pour ainsi dire, dans un bain d’encre, quand la nature offrait une palette de couleurs plus agréables. Il n’y avait là non plus aucune nécessité d’ordre biologique : sa mère était assez claire, comme l’était la mère de sa mère, et le frère de sa mère, et le fils du frère de sa mère ; mais il faut dire qu’aucun d’entre eux n’avait eu pour père un homme noir. Pourquoi sa mère avait-elle épousé un homme noir ? Il y avait forcément eu dans les parages quelques beaux partis à la peau couleur café. Elle ne souhaitait pas particulièrement que son père ait été « jaune clair » mais, par égard pour elle, on aurait certainement pu trouver un juste milieu.

couverture ouvrage plus noire est la mûre

Tense-Aspect-Modality in a Second Language

couverture ouvrage Tense Aspect Modality

Tense-Aspect-Modality in a Second Language
Contemporary perspectives
Edited by Martin Howard and Pascale Leclercq
University College Cork / Paul Valéry Montpellier 3 University

Situated within the long-established domain of temporality research in Second Language Acquisition, this book aims to provide an update on recent research directions in the field through a range of papers which explore relatively new territory. Those areas include the expression of modality and counterfactuality, the effect of first language transfer, aspectuo-temporal comprehension, aspectuo-temporal marking at a wider discursive level, and methodological issues in the study of the acquisition of aspect. The studies presented explore English and French as second languages, involving both child and adult learners from a range of first language backgrounds in both instructed and naturalistic learning contexts. The studies draw on both spoken and written data which explore various facets of the learners’ second language comprehension and production. The volume offers new, but complementary insights to previous research, as well as pointing to directions for future research in this burgeoning field of study.

Argent, pouvoir et représentations

Argent, pouvoir et représentations

Hors-collection, Sciences humaines et sociales

Éliane Elmaleh, Pierre Guerlain, Raphaël Ricaud (dir.)

Cet ouvrage interroge et appréhende la double nature de l’argent ainsi que ses relations avec le pouvoir. Dans toutes les démocraties libérales d’Europe et des Amériques, l’argent joue un rôle essentiel dans le jeu institutionnel et dans la vie culturelle. Il est la source de conflits mais il est aussi nécessaire dans toute entreprise collective. L’argent peut donc être vu comme le nerf de toute action politique ou culturelle dans un cadre démocratique.

La lecture des divers chapitres de ce livre permet une navigation comparative et éclaire ainsi les enjeux de pouvoir et les fonctions de l’argent de façon complexe, voire contradictoire.

Ce livre constitue un dialogue interdisciplinaire dont les dimensions comparatistes sont révélées par la juxtaposition de contributions apparemment forts diverses mais unies par une recherche portant sur le même objet.

Money, Math, & Measure / Miscalculations in the Third Texte of Translation

Money, Math, & Measure
Miscalculations in the Third Texte of Translation

Lily Robert-Foley

The metaphor of mathematical equivalence in thinking on translation is an easy source of malentendues. That equivalence ≅ equivalence after the metamorphosis of metaphor is quickly exemplified in a simple reading of 1=1, read across two languages, French and English. For one = two (at least); one =/≠ un + une. In spite of this, arithmetic, algebraic, geometric, as well as marketplace metaphors of currency exchange and value measurements, are frequently deployed in translation theory. In this paper I make a “literal wager” (Craig Dworkin’s term) of Money, Math, & Measure metaphors in translation, using them performatively to reread Samuel Beckett’s self translation of L’Innommable/The Unnamable. These metaphors are used as reading filters, producing new figures of bad math, miscalculations, impossible numbers, fiscal fraud, and incalculable gifts in a Third Texte of translation.
  
ABOUT THE AUTHOR
 
LILY ROBERT-FOLEY is Associate Professor of Translation Studies at the University of Paul-Valéry, Montpellier 3. She is the author of Jiji, a book of prose poems and conceptual writing, m, a book of poetry-critique-collage, graphemachine, a chapbook of visual poetry (Xerolage, 2013), and the annotations to the North Georgia Gazette (Green Lantern Press, 2009). She is a member of Outranspo, an international group of experimental translators. She is currently preparing a comparative study and pedagogical workbook of translation procedures and rhetorical figures, using feminist science fiction as a theoretical lens, that she plans to entitle Mass Transit.

Translating the Postcolonial in Multilingual Contexts

Translating the Postcolonial in Multilingual Contexts

Judith Misrahi-Barak, Srilata Ravi

This collection of essays aims to contribute to scholarship already published in Translation Studies and Postcolonial Studies, endeavouring to question the traditional divide between these two academic strands and to bring them closer together in creative ways, across several geographical regions, linguistic contexts and historical circumstances. Moving away from a binary and dichotomous approach, the authors address these questions that link linguistic heterogeneity, postcolonial resistance and border identities. How does translation as a process operate across different linguistic and cultural spaces? How do translated selves negotiate meaning simultaneously across multiple linguistic borders? For the sake of cohesion, the geopolitical zones of translational contact have been limited to two colonial/European languages, namely French and English. The regional languages involved cover postcolonial, cultural spaces where Mauritian, Haitian, Reunionese and Louisianian Creole, Gikuyu, Wolof, Swahili and Arabic are spoken.

Enrichir la recherche en études postcoloniales et en traduction est le but de ce volume qui s’efforce de mettre en question la division traditionnelle de ces deux champs disciplinaires et de les rapprocher de façon créatrice, par-delà les situations géographiques, les contextes linguistiques et les circonstances historiques. S’éloignant d’une approche binaire qui ne serait que dichotomique, les auteurs examinent les liens complexes entre hétérogénéité linguistique, résistance postcoloniale et identités aux frontières. De quelle façon la traduction en tant que processus fonctionne-t-elle à travers plusieurs espaces linguistiques et culturels ? Comment le sens est-il négocié à l’intersection de multiples frontières linguistiques ? Pour respecter la cohésion du volume les zones de contact géopolitiques ont été limitées à l’anglais et au français. Les langues régionales telles qu’elles sont analysées ici dans leurs échanges avec ces langues européennes sont les créoles mauricien, réunionnais, haïtien et louisianais, ainsi que le gikuyu, le wolof, le swahili et l’arabe.

couverture ouvrage J. Misrahi-Barak PULM