Catastrophismes ! Peurs collectives et idéologies au XXIe siècle

Catastrophismes ! Peurs collectives et idéologies au XXIe siècle

18-19 juin 2020, Université de Nîmes (France) 

La 9e édition des « Rendez-vous de Géographie culturelle, Ethnologie et Études culturelles en Occitanie » souhaite questionner la multiplication et la diversité des discours catastrophistes contemporains. Il s’agira d’analyser leurs sources, leurs utilisations, leurs instrumentalisations.

Notre constat est le suivant : les discours catastrophistes se multiplient et prennent de plus en plus de force. Ces discours sont d’autant plus efficaces qu’ils sont parfois portés par des ingénieurs, des experts, des scientifiques (climatologues, biologistes, philosophes ou géographes…), et relayés par les médias comme par les réseaux sociaux. Collapsologues, survivalistes et autres penseurs de l’effondrement diagnostiquent un ensemble de crises interconnectées qui entraîneraient inéluctablement une disparition de la civilisation née avec la révolution industrielle. À l’ère de l’anthropocène, l’homme devenu néfaste pour la nature risquerait d’entraîner les autres espèces et la planète avec lui dans sa chute.  La figure de la fin du monde, souvent présente dans ces discours, obscurcit l’horizon de sociétés postmodernes qui se sont progressivement habituées à penser le risque et la menace (Ulrich Beck). Alors que certains penseurs, affirmant la certitude du pire, s’essaient au « catastrophisme éclairé » en se revendiquant de l’éthique (Jean-Pierre Dupuy), comment nos disciplines (géographie culturelle, ethnologie-anthropologie, études culturelles) peuvent-elles analyser ces nouveaux discours et productions culturelles ? À quelle utilisation/manipulation des objets culturels conduisent-ils ? En quoi contribuent-ils à brouiller le débat démocratique ? Comment penser ce qui apparaît comme un nouveau moralisme ? Comment interpréter leurs ambiguïtés politiques ? Le catastrophisme permet-il toujours de penser le rôle et la place du collectif humain dans sa globalité ?

 Face aux déclinaisons des différents catastrophismes et face aux rhétoriques qui sont censées les prévenir et qui cachent parfois de vastes opérations d’urbanisation (smart cities) ou de technologisation (green washing), quel est le futur de la culture et de l’humanisme ? Pour mieux comprendre les peurs, angoisses et fantasmes de notre temps, nous appelons à des regards croisés sur la notion contemporaine de catastrophisme et sur les idéologies catastrophistes, en vue de proposer des pistes de réflexion critiques. En prenant appui sur les sciences humaines et sociales, nous proposons de re-politiser le futur en réaffirmant que la pire des catastrophes serait d’exclure la dimension sociale de l’humain de nos anticipations.

 Les domaines ouverts par ces questionnements sont vastes. Nous souhaitons travailler à la fois sur un état des lieux des discours catastrophistes (changement climatique, perte de la biodiversité, raréfaction des ressources naturelles, risques technologiques, risques culturels liés à la globalisation…), sur une comparaison des conceptions de l’avenir dans différents champs et diverses configurations sociétales (divination, prévisions, prospectives…), sur la diffusion médiatique des discours catastrophistes (fake-news, rumeurs…), sur les représentations d’un futur catastrophique (littérature, arts, œuvres de fiction contemporaines traduisant une fascination pour les univers post-apocalyptiques…) et sur des alternatives possibles (politiques, économiques, culturelles et sociales…).

Date limite de soumission des propositions de communication : 30 novembre 2019

Evaluation des propositions par le comité scientifique : décembre 2019

Acceptation/refus des propositions : 15 janvier 2020

 Les propositions, entre 2000 et 4000 signes, seront présentées sous la forme d’un document Word et comprendront 5 mots clés. Elles devront mentionner nom et prénom, discipline d’origine, statut, rattachement institutionnel de l’auteur et adresse électronique.

Les propositions seront impérativement rédigées en Times New Roman de 12 points, interligne 1,5. Le fichier informatisé du résumé envoyé aux organisateurs par voie électronique sera nommé par les nom et prénom de l’auteur sous la forme : NOMPrénom.doc.

 Les propositions de communication seront adressées aux quatre adresses suivantes :  

catherine.bernie@gmail.com                                                
claude.chastagner@univ-montp3.fr
dominique.crozat@univ-montp3.fr
laurent.fournier@univ-amu.fr
  

Organisé par conjointement par :

UMR 5281 ART-Dev- Université Paul Valéry Montpellier 3 – Route de Mende – 34199 Montpellier cedex 5 artdev@univ-montp3.fr  – http://art-dev.cnrs.fr/

EMMA EA 741 Université Paul Valéry Montpellier 3 – Route de Mende – 34199 Montpellier cedex 5 isabelle.ronzetti@univ-montp3.frhttp://pays-anglophones.upv.univ-montp3.fr/