Séminaire EMMA
Mardi 20 janvier 2026, STC 126
Titre : Le théâtre décolonial en Europe : l’exemple de salt. de Selina Thompson (RU)
Lien visio ESR : https://pod.univ-montp3.fr/meeting/4421-seminaire-emma-mardi-20-janvier-18h/07396bd6bf9a884fd821912e44d441a6537f3b01e0adeed57f9b5961f75a5994
Les enjeux esthétiques et politiques de salt. de Selina Thompson (2018) font écho au développement d'un théâtre dit "décolonial" qui émerge en Europe, particulièrement au Royaume-Uni puis en France. Dans une présentation à trois voix, nous mettrons en perspective cette pièce avec les ressorts de ce théâtre qui mobilise fréquemment des esthétiques documentaires, des poétiques de l'intime et les enjeux du rituel à travers des formes performatives rejoignant le concept de réparation.
Dans salt., Selina Thompson retrace l’itinéraire de ses ancêtres victimes du commerce triangulaire et propose au public de participer à un rituel de réparation pour déplacer le regard que nous portons sur ces questions. La traduction de cette pièce à deux voix, en collaboration avec le metteur en scène Sébastien Derrey qui a conduit plusieurs mises en voix, nous a permis de faire entrer en résonance une œuvre britannique dans le contexte français.
Bio :
Pénélope Dechaufour est maîtresse de conférences en études théâtrales à l’Université de Montpellier Paul-Valéry où elle enseigne également les pensées post et décoloniales en études culturelles. Membre du centre de recherche RIRRA 21 (UR4209) et chercheuse associée au laboratoire Scènes Francophones et Écritures de l’Altérité (IRET) à la Sorbonne Nouvelle, ses recherches portent sur les dramaturgies contemporaines d’Afrique subsaharienne francophone et des diasporas, leurs esthétiques mais aussi leur place dans le paysage de la création contemporaine. Elles questionnent des dramaturgies qui sont traversées par l’histoire coloniale, l’histoire des migrations et qui impliquent le corps (ses représentations, ses enjeux politiques) dans une perspective postcoloniale. Depuis 2022, elle a notamment initié un cycle de recherches autour des expressions décoloniales au théâtre. Sur ces questions, elle a co-dirigé « Afropéa, un territoire culturel à inventer », Africultures N°100 (2015) et « Baroque is burning ! » (sur les réappropriations décoloniales des esthétiques baroques), Thaêtre, N°6, (2022) ou encore « Créolisation des arts » pour le dossier de la revue Théâtre/Public n°257 (2025).
Marianne Drugeon est maîtresse de conférences en études anglaises à l’Université de Montpellier Paul-Valéry et spécialiste de théâtre contemporain britannique. Membre d’EMMA, elle travaille en particulier sur l’engagement politique et les diverses formes qu’il revêt sur la scène contemporaine. Dans ce cadre, elle a co-organisé un colloque international en 2024 « Black Lives Matter : Formes politiques de l’antiracisme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ». Elle est également membre de la Maison Antoine Vitez et traductrice. Ses dernières publications incluent la co-traduction avec Florence March de la pièce de l’auteur nigérian Wolé Oguntokun, Les filles de Chibok : notre histoire (Nouvelles Scènes, PUM, 2024) ainsi que le dernier numéro de la revue Coup de Théâtre intitulé Seriality, Reboots and Iterability on the Anglophone Contemporary Stage co-édité avec Anouk Bottero et Claire Hélie en 2025. Comme ces titres le montrent, elle s’intéresse au travail collaboratif, en traduction et pour la scène.
Déborah Prudhon enseigne à l’Université Aix-Marseille. Elle a soutenu une thèse sous la direction d’Elisabeth Angel-Perez à Sorbonne Université explorant la relation entre fiction et réalité dans le théâtre anglais contemporain. Elle a publié des articles sur les oeuvres de Tim Crouch et sur le théâtre immersif de Punchdrunk et a co-organisé une conférence sur le théâtre immersif en janvier 2020. Ses recherches actuelles l’amènent à s’intéresser notamment aux intersections entre théâtre et psychologie, et son ouvrage Anglais pour psychologues, co-écrit avec Evgueniya Liu, est paru en août 2025.



