CFP Translation and Friendship : Traduire l’amitié, penser la traduction

Translation and Friendship -
Traduire l’amitié, penser la traduction

3-5 June 2027, Montpellier
ReSO and EMMA, Université de Montpellier Paul-Valéry, France

 

FR 

L’amitié est l’une des joies de la vie, tout comme la traduction, du moins pour certains. Plus encore, l’amitié est un élément indispensable de la vie, et il en va de même pour la traduction. Certes, la plupart des personnes ne passent peut-être pas beaucoup de temps à réfléchir à cette dernière, mais, sous l’une ou l’autre de ses nombreuses formes, la traduction est néanmoins omniprésente et essentielle dans leur vie personnelle ou professionnelle.

            Le Dictionnaire de l’Académie française définit l’amitié comme un « sentiment d’affection, de sympathie qu’une personne porte à une autre et qui n’est fondé ni sur les liens du sang ni sur la passion amoureuse », ou encore comme un « lien de caractère électif unissant des personnes attachées par ce sentiment », tandis que la Stanford Encyclopedia of Philosophy commence son article sur l’amitié en la qualifiant de « relation éminemment personnelle ». Les mots « relation » et « personnelle » revêtent une importance particulière, surtout à l’heure actuelle.

            La traduction et l’amitié, en tant qu’expériences humaines, traversent les siècles, voire les millénaires, et ont fait l’objet de nombreuses réflexions théoriques. On les retrouve partout dans le monde, à travers les cultures et tout au long de l’histoire de l’humanité. Toutes deux sont de nature dyadique et peuvent être conceptualisées comme des liens ou des attaches. Évidemment, tous les mots-clés qui viennent à l’esprit en matière d’amitié ne s’appliquent pas à la traduction, ni l’inverse, mais certains s’appliquent aux deux : engagement, fidélité, confiance et choix. Une différence notable réside peut-être, dans la plupart des cas, dans l’absence de réciprocité en traduction. L’amitié est, par nature, égalitaire, en ce sens que les parties concernées disposent d’un degré d’autorité ou de pouvoir identique ou similaire et qu’il existe une attention et un soutien mutuels, ainsi que le désir de s’ajuster à l’autre, de cheminer ensemble et de s’épanouir en se révélant à lui ou à elle. L’amitié est une forme d’amour et, parmi les trois mots du grec ancien désignant l’« amour » – éros, philia et agapé –, celui qui semble le mieux convenir est philia, qui désigne un sentiment amical envers ses amis, mais aussi envers d’autres personnes telles que les membres de sa famille, ses voisins, ses collègues, voire des inconnus. Dans le livre VIII de son Éthique à Nicomaque, Aristote a établi une distinction entre trois types d’amitié : celle fondée sur le plaisir, celle fondée sur l’utilité et celle fondée sur la vertu. Alors que les deux premières suggèrent une attitude plutôt éphémère et moins désintéressée envers l’autre, la troisième, et plus noble, forme d’amitié situe la réflexion dans le domaine des préoccupations morales, et c’est à ce niveau que les parties concernées peuvent contribuer de la meilleure manière possible à façonner leur propre identité, ainsi que la relation elle-même.

Que se passe-t-il lorsque l’on met en parallèle la traduction et l’amitié ? Que peut chacune révéler sur l’autre ? Peut-on aborder la traduction et les relations entre traducteur et auteur, traducteur et lecteur ou spectateur, traducteur et client, traducteur et autres traducteurs, traducteur expérimenté et apprenti, à travers des concepts traditionnellement associés à l’amitié, jetant ainsi un nouvel éclairage sur la traduction en tant que pratique interpersonnelle, éthique et sociale ? La traduction peut-elle créer et préserver une relation, la réparer, la transformer, voire y mettre fin ?

La relation entre la traduction et l’amitié peut bien sûr être marquée par l’affinité, la coopération et l’enrichissement mutuel, mais elle est également susceptible d’impliquer des tensions et des conflits. La confiance peut coexister avec la méfiance et la rivalité, la fidélité avec des loyautés concurrentes, l’intimité avec la distance, la réciprocité avec l’unilatéralisme, voire l’antagonisme, et l’attention avec une obligation ou une responsabilité imposée. Si elle rapproche les individus, les langues, les cultures et les communautés, la traduction met également en évidence les différences de pouvoir, d’intérêts, d’attentes, d’objectifs et de valeurs.

Les organisatrices de ce colloque souhaitent recueillir des contributions portant sur divers aspects de la dyade « traduction » et « amitié », tant d’ordre théorique que pratique. Toutes les combinaisons linguistiques et toutes les périodes historiques sont les bienvenues. Nous encourageons tout particulièrement les propositions qui examinent les affinités, les tensions, les contradictions et les conflits potentiels entre ces deux formes de relations humaines personnelles.

Langues du colloque : français et anglais

 

Conférenciers pléniers
Christian Berner, Université Paris Nanterre
Anthony Pym, Université Rovira i Virgili

Comité scientifique
Susan Bassnett, Université de Glasgow
Laura Brignoli, IULM, Milan
Larisa Cercel, Université de Leipzig
Iulia Cosma, Université de Padoue et Université de l’Ouest de Timişoara
Nicole Côté, Université de Sherbrooke
Marianne Drugeon, Université de Montpellier Paul-Valéry
Nicolas Frœliger, Université Paris Cité
Catherine Kirkby, Université de Montpellier Paul-Valéry
Fransiska Louwagie, Université d’Aberdeen
Elpida Loupaki, Université Aristote de Thessalonique
Kirsten Malmkjær, Université de Leicester
Eriko Sato, Université Stony Brook, New York

Organisatrices
Elisa Hatzidaki, ReSO, Université de Montpellier Paul-Valéry
Adriana Şerban, EMMA, Université de Montpellier Paul-Valéry

 

Veuillez envoyer votre résumé de 300 à 350 mots, accompagné d’une notice bio-bibliographique d’environ 100 mots, à l’adresse elisavet.hatzidaki@umpv.fr avant le lundi 30 novembre 2026.

Notification d’acceptation : avant le vendredi 29 janvier 2027

Frais d’inscription : 100 euros.
Tarif étudiant : 50 euros

 

ENG

 

Friendship is one of the joys of life, and so is translation, at least for some humans. But friendship is also, in fact, an indispensable part of life, and the same can be said where translation is concerned. True, many people may not spend much time thinking about the latter but, in one or another of its numerous forms, translation is nonetheless likely to be omnipresent and vital in their personal or professional contexts.

            The Encyclopaedia Britannica defines friendship as a “state of enduring affection, esteem, intimacy, and trust between two people”, while the Stanford Encyclopedia of Philosophy starts its entry on friendship by calling it a “distinctively personal relationship”. The words ‘relationship’ and ‘personal’ are particularly important, especially at this moment in time.

            Both translation and friendship have been discussed and, above all, lived, for hundreds of years and, indeed, for millennia. They can be found around the world, across cultures and throughout history. Both are dyadic in nature and can be conceptualised as bonds or ties. Obviously, not all the keywords that come to mind in relation to friendship apply to translation, or the other way around, but some do: commitment, loyalty, trust, and choice. Perhaps one notable difference is, in most cases, the lack of reciprocity, in translation. Friendship is, typically, egalitarian in nature, in the sense that the parties involved have the same or a comparable degree of authority or power, and there is mutual care and support, adjustment, companionship, and the opportunity to self-reveal. Friendship is a form of love, and out of the three Ancient Greek words for ‘love’ - eros, philia, and agape - , the one that seems the best fit is philia, which designates a friendly feeling towards one’s friends and also to other people such as members of one’s family, neighbours, colleagues, and even strangers. In Book VIII of his Nicomachean Ethics, Aristotle made a distinction between three types of friendship: based on pleasure, on utility, or on virtue. While the former two suggest a rather fleeting and less disinterested attitude towards the other person, the third and highest form of friendship takes the discussion in the realm of moral concerns and it is at this level that the parties involved can contribute in the best possible way to shaping who they are, as well as the relationship itself.

What happens when we place translation and friendship alongside one another? What is each able to reveal about the other? Can translation and the relationships between translator and author, translator and reader/spectator, translator and client, translator and other translators, experienced translator and apprentice, be approached through concepts traditionally associated with friendship, shedding new light on translation as an interpersonal, ethical, and social practice? Can translation create and preserve a relationship, repair it, transform it, or even bring it to an end?

The relationship between translation and friendship may be one of affinity, cooperation, and mutual enrichment, of course, but it can also involve tension and conflict. Trust may coexist with suspicion and rivalry, loyalty with competing loyalties, intimacy with distance, reciprocity with unilateralism or even antagonism, and care with imposed responsibility or obligation. While it brings individuals, languages, cultures, and communities closer together, translation also exposes differences in power, interests, expectations, goals, and values.

The organisers of this conference hope to attract contributions about a variety of aspects of the dyad ‘translation’ and ‘friendship’, both theoretical in nature and applied. All language combinations and historical periods are welcome. We particularly encourage submissions that examine the affinities, tensions, contradictions, and potential conflicts between these two forms of personal human relationships.

 

Languages of the conference: English and French

 

Keynote speakers
Christian Berner, Université Paris Nanterre
Anthony Pym, Universitat Rovira i Virgili

Advisory committee
Susan Bassnett, University of Glasgow
Laura Brignoli, IULM, Milano
Larisa Cercel, Leipzig University
Iulia Cosma, Padua University and West University of Timişoara
Nicole Côté, Université de Sherbrooke
Marianne Drugeon, Université de Montpellier Paul-Valéry
Nicolas Frœliger, Université Paris Cité
Catherine Kirkby, Université de Montpellier Paul-Valéry
Fransiska Louwagie, University of Aberdeen
Elpida Loupaki, Aristotle University of Thessaloniki
Kirsten Malmkjær, University of Leicester
Eriko Sato, Stony Brook University, New York

Organisers
Elisa Hatzidaki, ReSO, Université de Montpellier Paul-Valéry
Adriana Şerban, EMMA, Université de Montpellier Paul-Valéry

 

Please send 300 to 350-word abstracts accompanied by a bionote of about 100 words to elisavet.hatzidaki@umpv.fr by Monday 30 November 2026

Notification of acceptance: Friday 29 January 2027

Registration fee: 100 euros.
Student rate: 50 euros

 

 

Dernière mise à jour : 07/10/2026