Colloque "« Pourquoi les identités… ? » Intérêts et limites d’une notion controversée

Logos des différents partenaires institutionnels
Du 21 juin 2018 au 22 juin 2018
lieu

Colloque international
« Pourquoi les identités… ? »
Intérêts et limites d’une notion controversée

21-22 juin 2018, Université de Nîmes (France)

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Note d’intention scientifique :
La 8e édition des « Rendez-vous de Géographie culturelle, Ethnologie et Études culturelles en Occitanie » souhaite poser la question des identités en rassemblant chercheurs et acteurs de terrain autour d’une réflexion scientifique associée à une démarche sociétale concrète et pragmatique pour faire face et répondre aux bouleversements contemporains dans la manière de construire et de conceptualiser les identités.

Utilisé pour les individus depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le terme d’identité a connu à la fin du XXe siècle une extension aux minorités, deux dimensions qui lui ont valu un énorme succès au moment même où les évolutions sociologiques et géopolitiques amenaient à redéfinir le statut de nombreux groupes ou régions, sans pour autant qu’en soient explicités toutes les subtilités. Mais le terme d’identité est vague, trop général. Il peut s’appliquer aux groupes comme aux individus, être en lien avec une grande profondeur historique ou s’appliquer à l’échelle de la vie humaine. On parle ainsi indifféremment d’identités nationales, régionales, professionnelles, religieuses, sexuées, individuelles. A toutes ces échelles, l’identité n’en est pas moins manipulée et instrumentalisée par les médias, par les politiques. Elle résiste à toutes les déconstructions savantes et accompagne régulièrement les populismes, les rhétoriques de l’appartenance, les peurs contemporaines de l’Autre. Malgré la globalisation et l’apparent effacement des différences culturelles, les identités n’ont jamais été aussi présentes dans les discours.

L’inconsistance de la notion d’identité a conduit de nombreux chercheurs à en abandonner l’étude. D’autres ont contesté sa pertinence, ont lutté contre l’emploi de cette notion ou en ont suggéré d’autres. Pour certains, enfin, les identités restent cependant centrales (Anderson, Laplantine, Amselle, Bauman, Bhabha…). Elles nourrissent ainsi un questionnement toujours renouvelé (Descombes, Balibar et Wallerstein, Castells, Debarbieux, Lévy, Lussault, D-C Martin…). De plus, le terme reste largement usité dans la langue courante, ce qui justifie pleinement d’en analyser les usages et les effets. Pourquoi les identités… continuent-elles de servir de référents efficaces alors même qu’on en connaît si bien les failles épistémologiques ?
Pourquoi les identités… n’ont-elles pas disparu, au XXIe siècle, avec la recomposition globale des systèmes d’appartenance ? Pourquoi les identités… restent-elles si signifiantes quand tout le monde répond aux mêmes injonctions technologiques à se fondre dans le creuset du toutvirtuel ? Pourquoi les identités… ne sont-elles pas devenues un argument secondaire et périmé à une époque où la solidarité et le partage sont des priorités pour sauvegarder l’environnement et l’humanité menacés ? Pourquoi les identités… ont-elles tant de succès
pour porter des revendications et afficher des spécificités ? Comment démêler ce qui ressort des identités et de particularismes, de traditions, d’usages, etc. ? Est-ce qu’on n’invoque pas l’identité par défaut de valeurs ? Ne peut-on pas dire qu’on est passé à des identifications
multiples plutôt qu’une véritable recherche d’identité ? Comment articuler identités visibles et identités vécues ? Comment négocier l’identité entre l’individualisme et la permanence de réseaux d’interdépendance, les processus d’individualisation et les structurations collectives ?

Dans ce colloque nous souhaitons aborder la notion d’identité, à nouveaux frais, à partir de la tradition d’étude pluridisciplinaire inaugurée à Nîmes au début de ce millénaire. Les colloques précédents ont abordé successivement les notions de territoire, de fête, de développement, de patrimoine, de déplacement, de résistance et d’utopie. A chaque fois il s’agissait de rassembler des spécialistes de différentes disciplines pour éclairer ces notions par des regards complémentaires et montrer leur utilité pour penser le quotidien et les problèmes auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines. Economistes, urbanistes, géographes, ethnologues, sociologues, spécialistes d’études culturelles et acteurs de la société civile sont invités à proposer des communications analytiques ou critiques pour aborder les dimensions multiples de la notion d’identité dans les sociétés contemporaines. Des comptes-rendus ou des partages d’expériences vécues, témoignages d’acteurs de terrain, seront aussi les bienvenus.

Des communications sont attendues autour des axes suivants :
- Construction des identités collectives aujourd’hui
- Performances identitaires
- Instrumentalisations politiques des identités
- Marchandisation des identités, nation-branding, marketing des lieux
- Patrimonialisations
- Paradoxes identitaires
- L’identité entre horizon collectif et destin individuel
- Les nouveaux vocabulaires de l’identité
- Identités plurielles et action collective
- Etc.

Date limite de soumission des propositions de communication :
30 juin 2017

Comité d’organisation
- Catherine Bernié-Boissard, catherine.bernie-boissard@wanadoo.fr
Géographie, Université de Nîmes, UMR 5281 ART-Dev, Université Montpellier 3
- Claude Chastagner, claude.chastagner@univ-montp3.fr
Etudes culturelles, EMMA, EA 741 Etudes anglophones, Université Montpellier 3
- Dominique Crozat, dominique.crozat@univ-montp3.fr
Géographie, UMR 5281 ART-Dev, Université Montpellier 3
- Laurent-Sébastien Fournier, laurent.fournier@univ-amu.fr
Ethnologie, UMR 7307 IDEMEC, CNRS et Aix-Marseille-Université

Evaluation des propositions par le comité scientifique : été 2017
Acceptation/refus des propositions : 15 octobre 2017
Les propositions seront présentées sous la forme d’un document Word d’une à deux pages, comprises entre un minimum de 2000 signes et un maximum de 4000 et comprendront 5 mots clés : elles devront mentionner nom et prénom, discipline d’origine, statut, rattachement
institutionnel de l’auteur et adresse électronique. Les propositions seront impérativement rédigées en Times New Roman de 12 points, interligne 1,5. Le fichier informatisé du résumé envoyé aux organisateurs par voie électronique sera simplement nommé par les nom et prénom de l’auteur sous la forme : NOMPrénom.doc.

Les propositions de communication seront adressées exclusivement à : christiane.lagarde@univ-montp3.fr

Les communications pourront être données en français ou en anglais. Prévoir de participer à la totalité du colloque au cours duquel plusieurs tables-rondes seront organisées avec la participation des intervenants.

Comité scientifique
Jean-Pierre Augustin, professeur de géographie, Bordeaux
Alessandro Dozena, professeur de géographie, UFRN Natal, Brésil
Guillaume Faburel, professeur d’urbanisme, Lyon
Philippe Joron, professeur de sociologie, Montpellier
Régis Keerle, maître de conférences en géographie, Rennes
André Micoud, directeur de recherches en sociologie (CNRS), Saint-Etienne
Claire Omhovère, professeur de littérature anglophone, Montpellier
Jean-Marc Stébé, professeur de sociologie, Nancy

Partenaires
Université de Nîmes
Université Paul-Valéry Montpellier 3
CNRS Languedoc-Roussillon